vendredi 3 mai 2019

Pharaon 1923

http://ducreux.us/

Titre : Pharaon 1923



Auteur : Jean Ducreux



Editions : autoédition/ BOD

Année de parution : 2019

 

Cette chronique est écrite pour le Salon de l'autoédition

 

 Une aventure spirituelle

 C'est le printemps ! La nature s'éveille, bourgeonne, éclot et cette poussée de vie augure la force de l'été. En lisant Jean Ducreux, j'ai eu ce même sentiment. Ce roman historique et exotique est complétement différent des précédents situés dans la Loire. On dirait que l'auteur a débridé sa plume en même temps que son imagination. Et pourtant, le style d'écriture est parfaitement reconnaissable dans un genre totalement nouveau.

Quête initiatique, escape game, chasse à l'homme ? Le roman nous emmène à un rythme effréné dans l'Egypte du XXème siècle, prise en tenaille entre son passé magnifique et son présent désastreux - qui éclaire hélas notre actualité d'un jour très sombre, avant de nous ramener en France dare-dare dans un final ... renversant !

Comme une petite représentation vaut mieux qu'un long discours, voici l'effet que m'a fait la lecture de ce roman :

Les premières pages me semblaient un brin absconses - à cause de promesses renouvelées et de l'absence de la sœur dans la transcription des conversations. Mais je ne regrette pas d'avoir continué en mettant mes questions de côté, évidemment, car c'est justement la retenue du début qui rend la suite plus étourdissante.


L'intelligence des mots

Ce récit est un concentré d'intelligences :
  • celle de la langue française d'abord - je défie les auteurs contemporains d'employer le verbe défectif chaloir au subjonctif dans une conversation désinvolte ! Et j'avoue avoir écarquillé les yeux, en me promettant de placer moi aussi "Pour peu qu'il vous en chaille" au détour d'une discussion prochaine.
  • celle des autres langues, anglaise, polonaise, russe, arabe, allemande, et j'apprécie énormément les écarts allophones qui émaillent les récits de Jean Ducreux. La question des titres russes ou ukrainiens ou slaves - Prince ou Comte ? Noble ou parvenu ?- appartient en effet à notre histoire européenne. L'accent alsacien de Jean-Baptiste est illustré savamment. Le small talk des Anglais avec Odile ou Julie. C'est dire si chaque personnage porte en lui toute une part de l'histoire de sa patrie d'origine. Ce sont des caractères saisis avec une finesse d'observation réjouissante. Si l'on a des amis d'origine étrangère, il est difficile de ne pas les reconnaître dans les traits lancés par tel ou tel.
Je dois avouer que ma première lecture était surtout guidée par les rebondissements de la quête du fameux vase. Les discours me paraissaient dissimuler des indices peut-être et je n'ai pas pris le temps de déguster lentement toutes les trouvailles. Même les nom des sœurs du couvent qui ont recueilli le témoignage de Jean-Baptiste sont amoureusement choisis.

Du coup, je m'inscris sans réserve pour une seconde lecture, plus attentive et plus fouillée, de ce roman musical où les intonations et les spécificités des voix jouent un rôle primordial : aux lecteurs de se lancer dans une quête géopolitique de ce qui soutend notre actualité, grâce aux remarques et allusions bien senties du narrateur !


Splendeur et décadence du collimateur romanesque

Pas étonnant que ce roman sorte un premier avril ! Il a cette qualité d'humour, peut-être farceur ou cynique. Comment savoir si tel ou tel personnage parle sérieusement, surtout quand on sait les enjeux et les intérêts qui les lient les uns aux autres. Très vite, les oripeaux de la franche amitié s'écaillent révélant des vérités peu glorieuses. Au départ, on ne donnait pas cher de Jean-Baptiste, tout en étant persuadés qu'il s'en sortirait, vu qu'il est le narrateur de l'histoire. Et à la fin, on sait que la frontière entre la vie et la mort est si ténue que... - Eh non, je ne peux pas continuer au risque de vous en dire trop ;-)
Les personnages oscillent tour à tour entre sympathie et antipathie. Selon les épreuves, ils réagissent "bien" ou "mal" ce qui les fait détester ou admirer. Pourtant, dans l'ensemble, le romancier ne tente pas de séduire, au contraire. On le dirait lancé sur la piste d'une vérité introuvable car recouverte de mensonges plus ou moins bien intentionnés. Comme dans la vraie vie, n'est-ce pas ?Dans les transcriptions des entretiens qu'il a laissées, Jean-Baptiste choisit ce qui l'intéresse, sans se donner toujours le beau rôle, sans justification, voire au bord de la prétérition, dans l'espoir un peu flou ou un peu fou de redonner vie à ce qui a été.

Avec une magnifique partition et quelques dissonances.

Tout l'art du romancier.



Pharaon 1923, Jean Ducreux, 2019

Ecouter un extrait sur Youtube : au milieu des tombes (hypogées), la fausse note de Charles !


Pour l'avoir à soi, tout est sur le site de l'auteur : http://ducreux.us/
https://www.bod.fr/librairie/pharaon-1923-jean-ducreux-9782322171897

Liens versions électroniques pour liseuses et tablettes :
Kobo : https://www.kobo.com/fr/fr/ebook/pharaon-1923
Amazon Kindle : https://www.amazon.fr/dp/B07Q6LGD4N
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Donnez-lui ce numéro ISBN s’il n’a pas ce roman en rayon : 9782322171897
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Que lire ensuite ?



Eh bien , je vais choisir la Route Hors du Monde de Charlie Clé - dans l'optique de la Nuit de la Sf du 12 octobre. Nous en avons parlé dans la newsletter de l'association en avril. C'est l'occasion ou jamais !


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